La Loi "Anti-Airbnb": Menaces ou Opportunités ?
- Thérèse
- 3 déc. 2024
- 3 min de lecture

Le 19 novembre 2024, la France a adopté une nouvelle loi visant à mieux encadrer les locations de courte durée, souvent associées à des plateformes comme Airbnb. Cette législation, connue sous le nom de "loi Le Meur", introduit plusieurs changements significatifs pour les propriétaires et les locataires, tant en métropole que dans les départements et régions d'outre-mer (DROM).
Objectifs de la Loi
La loi Le Meur a pour principal objectif de réguler l'essor des meublés touristiques afin de :
Faciliter l'accès au logement pour les résidents permanents en augmentant l'offre de locations à long terme.
Équilibrer le marché immobilier en réduisant la spéculation liée aux locations saisonnières.
Donner aux collectivités locales des outils de contrôle pour mieux gérer le développement des meublés de tourisme sur leur territoire.
Principales Dispositions de la Loi
1. Réduction des Avantages Fiscaux
La loi modifie le régime fiscal "micro-BIC" pour les meublés de tourisme :
Pour les meublés non classés : l'abattement fiscal passe de 50% à 30%, avec un plafond de revenus locatifs annuels réduit de 77 700 € à 15 000 €.
Pour les meublés classés et les chambres d'hôtes : l'abattement fiscal est abaissé de 71% à 50%, avec un plafond de 77 700 € de revenus locatifs annuels (contre 188 700 € précédemment).
Ces nouveaux taux d'abattement s'appliqueront aux revenus locatifs perçus à partir de 2025.
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2. Pouvoirs Accrus pour les Collectivités Locales
Les maires disposent désormais de nouveaux outils pour réguler les meublés de tourisme :
Limitation du nombre de jours de location : possibilité de restreindre la durée maximale de location des résidences principales.
Mise en place de quotas : fixation d'un nombre maximal de meublés touristiques par zone ou par immeuble.
Renforcement des sanctions : augmentation des amendes en cas de non-respect des réglementations locales.
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3. Interdiction des "Passoires Thermiques"
La loi prévoit l'interdiction de louer des logements considérés comme des "passoires thermiques" (c'est-à-dire avec une mauvaise performance énergétique) en tant que meublés de tourisme. Les propriétaires devront réaliser un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) et effectuer les travaux nécessaires pour améliorer l'efficacité énergétique de leurs biens avant de les proposer à la location saisonnière.
Catégories du DPE
Classe énergétique | Consommation énergétique (kWh/m²/an) |
A (Très performant) | < 50 |
B | 51 à 90 |
C | 91 à 150 |
D | 151 à 230 |
E | 231 à 330 |
F | 331 à 450 |
G (Très énergivore) | > 450 |
Réglementations Actuelles et Futures
Date | Classe concernée | Impacts légaux |
Depuis 2023 | G | Interdiction de louer des logements dépassant 450 kWh/m²/an. |
2025 | F et G | Interdiction de louer tous les logements classés F et G. |
2028 | E, F et G | Obligation d'atteindre au moins la classe D pour toute location. |
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Opportunités Offertes par la Nouvelle Loi
Malgré un encadrement plus strict, la loi Le Meur offre plusieurs opportunités aux propriétaires :
Passage au régime réel : avec la réduction des abattements fiscaux du régime micro-BIC, opter pour le régime réel d'imposition peut devenir plus avantageux. Ce régime permet de déduire les charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, frais de gestion) des revenus locatifs, ce qui peut réduire le montant imposable.
Amélioration de la qualité des biens : en investissant dans l'amélioration énergétique et la qualité générale des logements, les propriétaires peuvent justifier des loyers plus élevés et attirer une clientèle plus exigeante.
Pour les propriétaires, elle représente donc une occasion de repenser leurs stratégies locatives et d'investir dans la qualité et la durabilité de leurs biens.




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